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Formes d’appropriation du passé

Formes d’appropriation du passé
Auschwitz. Par European Citizen. CC BY-NC-SA 2.0. Source : Flickr

La patrimonialisation passe par des processus d’appropriation. En prenant comme objet d’étude les blagues et moqueries existant sur les camps de concentration entre 1933 et 1945 en Allemagne, l’objectif du projet est de cerner les processus d’appropriations contemporaines à l’événement et d’étudier comment ces appropriations ont pu influer sur la façon dont les générations suivantes se sont appropriées la question des camps.
Le projet porte sur l’exploration des archives du Sicherheitsdienst (SD), la police secrète, et plus précisément les Meldungen aus dem Reich, dans lesquelles la catégorie « blagues et rumeurs » recense les plaisanteries qui circulaient en Allemagne nazie ; ainsi que des procès en Wehrkraftzersetzung, qui criminalise tout parole critique de l’armée, dont notamment les blagues, à partir de 1939. Cette étude permettra ainsi de prendre à l’envers le questionnement central du labex sur la médiation de l’histoire, en remontant dans le temps pour s’attarder sur l’origine des formes d’appropriations du passé et, ensuite, les suivre dans le temps.

Responsable du Projet

Alexandra OESER , Université Paris Nanterre

Partenaires au sein du labex

  • Institut des Sciences sociales du Politique (ISP) - UMR 7220

Durée du projet

1 an
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OESER

Rire du passé nazi en Allemagne. L’Eigensinn des adolescents face à l’enseignement scolaire du nazisme

Sociétés contemporaines, vol. 99-100, no. 3


ISBN:  9782724634280
URL / DOI:  DOI de la revue
Editeur:  Presses de Sciences Po (P.F.N.S.P.)

Résumé

Rire du passé nazi, un sacrilège ? Que signifient les comportements d'élèves qui nous choquent, nous mettent mal à l'aise ou nous paraissent incompréhensibles ? L'article se fonde sur une enquête en milieu scolaire auprès d'adolescents de deux écoles de la périphérie des villes de Hambourg et Leipzig. S'appuyant sur un travail d'observation ethnographique, il analyse les réactions déviantes (pitreries, rires) des élèves à propos du passé nazi et du savoir scolaire qui leur est transmis. Le concept d'Eigensinn permet de comprendre comment des actes à la fois individuels et collectifs, parfois dirigés à l'encontre de l'institution scolaire, contribuent à maintenir l'ordre scolaire. Il insiste également sur la nécessité d'inscrire l'Eigensinn dans un cadre collectif (ici dans l'entre soi masculin des groupes de pairs) et de le resituer socialement tant les agents sociaux ne s'avèrent pas égaux face à l'Eigensinn. L'article tente ainsi de comprendre, à travers l'exemple de l'école, le fonctionnement de l'ordre social, comme une (re) invention au quotidien des relations de pouvoir.