Des terrains d'aventure du passé/pour l'avenir : état des savoirs, enjeux et perspectives


Colloque international et interdisciplinaire 
organisé dans le cadre du projet TAPLA

8, 9 et 10 décembre 2021 
Archives nationales, MSH Paris-Nord et ENSAPVS

Les terrains d’aventure ne sont pas des espaces de jeu comme les autres. Après avoir disparu en France dans les années 1990, des initiatives réapparaissent sur le territoire national, interrogeant l’héritage laissé par ces expérimentations socio-pédagogiques mais également par les théories qui les sous-tendent. Ce colloque, organisé par l’équipe du projet de recherche TAPLA (Terrains d’aventure du passé/pour l’avenir) et soutenu par le Labex Les passés dans le présent, vise à identifier les modalités selon lesquelles les terrains d’aventure réinterrogent aujourd’hui, la place donnée aux enfants dans la ville et, plus particulièrement, à l’expérience directe dans les dispositifs socio-spatiaux pédagogiques. Il se propose également de poser les bases d’un réseau de recherche international et interdisciplinaire, croisant les sciences humaines et sociales avec le champ de la conception spatiale et de l’aménagement ainsi que celui de l’éducation et de l’animation socioculturelle.

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ACTUALITÉS

[Appel à contribution] antiAtlas des épistémicides

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Image: Anna Guilló, Vers un antiAtlas des épistémicides, 2021. Photographie, dimensions variables.

Une proposition d’Anna Guilló pour le collectif de l’antiAtlas des frontières

antiAtlas des épistémicides est un projet artistique et scientifique collaboratif dont l’objectif est de réunir dans un ouvrage des notices et des articles synthétiques portant sur des épistémicides du passé ou du présent, quel que soit l’endroit de la planète concerné. Les articles seront accompagnés de la reproduction d’une œuvre sous forme de carte pensée expressément pour chaque exemple d’épistémicide donné.

La question étant aussi singulière qu’insondable, ce projet n’a pas de vocation encyclopédique et vise, au contraire, par les choix opérés, à établir un atlas non exhaustif et subjectif, assumé à la fois comme ouvrage scientifique et catalogue artistique. La totalité des champs disciplinaires étant touchée par cette question, c’est à ce titre qu’antiAtlas des épistémicides ouvre son appel à contributions à une communauté d’auteurs sans distinction d’appartenance. Contact : antiatlasdesepistemicides@gmail.com

Modalités de soumission et calendrier

Étape1 :
Les propositions d’articles (3000 caractères environ, espaces non compris), idées, suggestions et intuitions seront envoyées pour le 15 novembre 2021, pour un premier jet, puis au fur et à mesure du temps que chaque auteur voudra se donner jusqu’à ce que nous réunissions une cinquantaine de propositions.
Mail : antiatlasdesepistemicides@gmail.com

Étape 2 :
Lorsqu’une dizaine de propositions seront recueillies et cartographiées, une prémaquette du projet Atlas des épistémicides sera proposée à différents éditeurs (et partenaires pour le financement – labos, organismes publics etc.).

Étape 3 : 
Une fois l’éditeur séduit et le budget trouvé (comprenant la rémunération des auteurs et des artistes), un appel à écriture des articles sera lancé.
L’article final pourra prendre la forme d’une notice ou préférablement d’un article plus détaillé qui ne dépassera cependant pas 15 000 signes. Il sera accompagné d’une carte réalisée en étroite collaboration avec l’auteur, selon la nature de son article. Les propositions pourront également émaner d’un duo artiste/auteur sous couvert que l’œuvre proposée relève du large vocabulaire de la cartographie. Enfin, les contributions d’auteurs-cartographes-artistes sont également les bienvenues. Les articles seront soumis à un comité de lecture qui, le cas échéant, proposera remarques et corrections. Les informations transmises seront rigoureuses et référencées par une bibliographie précise qui sera mise en commun en fin d’ouvrage.

Structure de l’ouvrage et premières pistes de recherche

I Introduction

1. Si les articles et images de l’ouvrage forment une constellation, cette dernière n’en est pas moins organisée selon différentes catégories et entrées thématiques, historiques, conceptuelles géographiques, etc. Par-delà le titre de l’ouvrage, il s’agira de distinguer les exemples qui relèvent des savoirs détruits, des savoirs confisqués et des savoirs occultés, tout en tenant compte du fait que ces catégories sont souvent poreuses.

2. Qu’est-ce qu’un atlas ?
3. Qu’est-ce qu’un épistémicide ?
4. Présentation des parties de l’ouvrage :
a) Savoirs détruits
b) Savoirs confisqués
c) Savoirs occultés
5. Esprit général et méthodologie du projet

Ce projet artistique trouve son origine dans une pratique du dessin cartographique élargi visant à répertorier graphiquement des pratiques invisibles. Le paradoxe un peu éculé de la représentation de l’invisible a très vite fait place à une nécessité de documenter scientifiquement ce projet et à l’ouvrir aux épistémicides ; c’est en cela qu’il se pense sous forme d’atlas. Après un long temps consacré aux lectures concernant cette question, le projet transversal s’est imposé puisque, même si le terme est issu du champ de la sociologie des émergences de Boaventura de Sousa Santos, il est, de fait, travaillé, dans le monde entier, par tous les champs disciplinaires (à tel point que cet ouvrage se passera même, peut-être, de les distinguer).

Le travail collectif s’est alors très simplement organisé autour d’un appel à contributions pour établir une première prévisualisation du projet de façon à ce que de ces articles à venir portant sur des savoirs détruits, confisqués et occultés, émerge non plus un savoir mais une forme de connaissance commune dont seul le résultat final finirait de nous donner la clé. Un projet comme une bouteille à la mer, en somme, à l’exact opposé de la forme des projets « clé en main » que le monde académique et culturel tente de nous imposer, nous confisquant notre temps de recherche et de création entre le moment où il faudrait « monter un dossier », puis, à peine ce dernier accepté, déjà penser à le « valoriser ». La méthode, ici, est autre et repose sur une dynamique régie par la curiosité et le plaisir de porter à la connaissance du public une autre façon de dessiner le monde.

C’est dans ce même esprit, que nous voudrions réaliser ce premier tome de l’antiAtlas des épistémicides comme un objet à partir duquel pourront émerger différentes formes : expositions, séminaires, rencontres, programmations etc. Ainsi, là où généralement les livres viennent restituer les expériences et parcours de recherche (publications de thèses, actes de colloque, catalogue d’exposition, etc.), celui-ci viendrait plutôt les provoquer puisque ses contenus, non figés, nécessiteront un prolongement dans le débat public et sans doute l’avènement d’autre tomes…

II Savoirs détruits (épistémicides)

Étymologiquement, un épistémicide est le meurtre d’une science entendue dans son sens propre de connaissance. On attribue ce terme au sociologue portugais Boaventura de Sousa Santos qui a publié en 2014 son ouvrage Epistemologies of the South. Justice against Epistemicide , traduit en français par Épistémologies du Sud. Mouvements citoyens et polémique sur les sciences , sous-titre dans lequel le terme « épistémicide » a disparu. Le terme se trouve depuis 1994 dans son œuvre, ainsi défini :

Le nouveau paradigme constitue une alternative à chacun de ces traits. En premier lieu, il n’y a pas une forme unique de connaissance valide. Il y a beaucoup de formes de connaissances, autant que les pratiques sociales qui les génèrent et les soutiennent. La science moderne s’appuie sur une pratique de division technique professionnelle et sociale du travail et sur le développement technologique infini des forces productives dont le capitalisme est aujourd’hui l’unique exemple. Les pratiques sociales alternatives génèrent des formes alternatives de connaissance. Ne pas reconnaître ces formes de connaissance, implique de délégitimer les pratiques sociales qui les appuient et, dans ce sens, de promouvoir l’exclusion sociale de ceux qui les promeuvent. Le génocide qui caractérise tant de fois l’expansion européenne fut également un épistémicide : on a éliminé des peuples étranges parce qu’ils avaient également des formes de connaissances étranges et l’on a éliminé ces formes de connaissances étranges parce qu’elle se fondaient sur des pratiques sociales et des peuples étranges. Mais l’épistémicide a été beaucoup plus étendu que le génocide parce qu’il a toujours prétendu subalterniser, subordonner, marginaliser ou illégaliser des pratiques et des groupes sociaux qui pourraient constituer une menace pour l’expansion capitaliste, ou durant une bonne partie de notre siècle pour l’expansion communiste (sur ce point aussi moderne que le capitalisme), et aussi parce que cela est arrivé aussi bien dans l’espace périphérique et extra- nord-américain du système monde que dans l’espace central européen et nord-américain, contre les travailleurs, les indigènes, les noirs, les femmes et les minorités en général (ethniques, religieuses, sexuelles).
Le nouveau paradigme considère l’épistémicide comme un des grands crimes contre l’humanité .

Cette première partie réunira des articles sur des pratiques et des savoirs définitivement détruits, perdus à tout jamais. On pourra par exemple penser au contexte des 4 grands épistémicides du XVIe siècle ainsi répertoriés par Ramón Grosfoguel :

1) La conquête d’Al Andalus et son génocide/épistémicide des juifs et musulmans.
(Incendie de la bibliothèque de Cordoue ainsi que celles de Séville et Grenade (1 million de livres détruits en tout)
2) La conquête de l’Amérique et l’extermination des Amérindiens
3) La mise en esclavage des Africains
4) Les femmes (sorcellerie)

Mais on ne résumera pas cette partie aux seuls effets de la colonisation au XVIe siècle. Elle s’ouvrira également sur tout épistémicide répertorié de la préhistoire à nos jours selon l’entrée thématique choisie par les auteurs. On pourra, par exemple, penser à la disparition des langues et, avec elles, des noms propres et communs, tout comme les toponymes. La question de la traduction au sens large du terme se pose également ici.
Ces destructions sont également liées à l’annulation des panthéons et cultes religieux de toutes sortes, les épistémicides sont également des spiriticides.
On pourra encore penser à toutes sortes de savoirs vernaculaires « remplacés » par d’autres jugés plus efficaces (la cartographie et, plus généralement, les pratique de l’orientation, en sont un bon exemple).
Enfin, la question de la destruction des œuvres d’art sera également abordée (voir l’exemple du cinéma khmer).
D’une manière générale, c’est l’ensemble des épistémicides à travers l’histoire et le monde qui est ici interrogée, bien au-delà de ce que l’on nomme les épistémologies du Sud.
(À compléter selon les bonnes idées de auteurs !)

III Savoirs confisqués

Les savoirs confisqués sont souvent associés aux savoirs détruits puisqu’ils sont le fait de l’action d’un dominant sur un dominé ce qui signifie, d’une certaine manière, de déposséder ce dernier d’un savoir lorsqu’il ne s’agit pas tout simplement de l’éliminer. C’est en cela que tout génocide implique aussi un épistémicide.
Mais un savoir confisqué n’est pas à proprement parler détruit sinon déplacé, réutilisé, interprété (même s’il peut parfois, aussi être détruit par omission ou manque de maîtrise).
À ce titre, l’histoire de la connaissance des plantes médicinales est particulièrement éloquente.
Voir, par exemple, Samir Boumédienne, La Colonisation du Savoir : Une histoire des plantes médicinales du « Nouveau Monde » (1492-1750).
Dans la droite lignée des questions liées à l’herboristerie, il y a également celle de la médecine et de ses pratiques et de diverses pensées qui s’opposent, entre prévention, guérison, soin etc.
Aujourd’hui, on peut également penser à la suprématie de l’industrie agroalimentaire soutenue par les gouvernements et qui empêche, par exemple, les paysans de resemer leurs propres récoltes ou encore interdit la culture de certains fruits et légumes, tout comme elle impose l’administration d’antibiotiques au bétail. (Voir le manifeste des 1052 éleveurs et éleveuses hors-la-loi). De ces différentes confiscations naissent des pratiques clandestines, hors-la-loi dont il pourrait être question dans la conclusion.
(À compléter selon les bonnes idées de auteurs !)

IV Savoirs occultés

Si les savoirs peuvent être détruits ou confisqués, ils sont également occultés (ce qui peut, à terme, les précipiter vers l’oubli donc vers leur destruction s’ils ne sont pas conservés).
Les manuels scolaires et, plus généralement, les pédagogies opérées dans les différents pays du monde sont éloquentes. Comme dans cet antiatlas, les manuels scolaires toutes disciplines confondues sont concernés entre pans de l’histoire non enseignés ou carrément niés, organes non représentés (voir l’exemple récent de la réhabilitation de la représentation du clitoris), auteurs censurés etc.
On pensera ici particulièrement aux femmes occultées, non mentionnées ou tout simplement dépossédées de leurs propres découvertes ou inventions dans l’histoire de l’art, des sciences, de la politique.
Plus généralement, on pensera à la censure qui, parfois, a donné lieu à la perte réelle de connaissances (car œuvres et documents occultés sont perdus in fine).
(À compléter selon les bonnes idées de auteurs !)

V Post-face en guise de conclusion ? Vers des savoir mutants.

Samir Boumediene conclut son ouvrage en montrant que certains savoirs sont des savoirs résistants (exemple des plantes abortives utilisées en situation d’esclavage pour ne pas fournir de main d’œuvre supplémentaire aux maîtres).
Cet ouvrage veut échapper à la dualité dominant/dominé pour montrer, aussi, comment les savoirs ne sont pas nécessairement conservés ou détruits mais aussi « mutants », osmotiques.
Il étend sa critique des savoirs dominants aux mouvement sociaux et politiques occidentaux dits de gauche dans la mesure où ils reproduisent également de façon irréfléchie, certains modes de domination (Cf. Ramón Grosfoguel et de Sousa Santos).
(À compléter post-partum selon les bonnes idées de auteurs !)

Quelques pistes bibliographiques et liens pour commencer

(une « vraie » bibliographie serait infinie, elle se constituera en fonction des contributions).

BOUMEDIENE Samir,Une histoire des plantes médicinales du « Nouveau Monde » (1492-1750), Vaulx-en-Velin, Les éditions des mondes à faire, 2021.

COMITÉ INVISIBLE, À nos amis, Paris, La Fabrique, 2014.

CRAWFORD Matthew B., Éloge du carburateur. Essai sur le sens et la valeur du travail, trad. (Etats-Unis) Marc Saint-Upéry, Paris, La Découverte, 2010.

DEUTINGER Théo, Handbook of Tiranny, Zürich, Lars Müller Publishers, 2017

FEDERICI Silvia, Une guerre mondiale contre les femmes. Des chasses aux sorcières au féminicide, Paris, éd. La Fabrique, 2021
_________, Le Capitalisme patriarcal, Paris, éd. La Fabrique, 2019
_________, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Paris/Genève/Marseille, éd. Entremonde/Senonevero, 2014

MAUVAISE TROUPE (collectif), Constellations. Trajectoires révolutionnaires du jeune 21e siècle, Paris, éd. de l’éclat, « premiers secours », 2014.

LUSTE BOULBINA Seloua, Les miroirs vagabonds ou la décolonisation des savoirs (arts, littérature, philosophie), Paris/Dijon, éd. Les Presses du réel, coll. « Figures », 2018.

SANTOS Boaventura de Sousa, Épistémologies du Sud. Mouvements citoyens et polémique sur les sciences, trad. de l’anglais au français par Alain Montalvão Lantoine, Séverine Laffon et Alexis-Michel Gauvrit. Traduction remaniée et adaptée par Aline Chabot et Jean-Louis Laville, Paris, éd. Desclée de Brouwer, coll. « Solidarité et société », 2016.

SPIVAK Gayatri C., Les subalternes peuvent-elles parler ? trad. de l’anglais par Jérôme Vidal, Paris, éd. Amsterdam, 2006

Liens vers articles scientifiques et généralistes :

COLLIGNON Béatrice, « Que sait-on des savoirs géographiques vernaculaires ?» https://www.persee.fr/doc/bagf_0004-5322_2005_num_82_3_2467

DELL’OMODARME Marco Renzo, « Pour une épistémologie des savoirs situés : de l’épistémologie génétique de Jean Piaget aux savoirs critiques » (Thèse)
https://hal.archives-ouvertes.fr/tel-01233068/

GOURGUES Jean-Michel, « Les manuels scolaires : courroie de transmission des connaissances de la colonialité dans les pays périphérisés ».
https://www.researchgate.net/publication/287206803_Analyse_Les_manuels_s...

GROSFOGUEL, Ramón, « Un dialogue décolonial sur les savoirs critiques entre Frantz Fanon
et Boaventura de Sousa Santos »
https://www.cairn.info/revue-mouvements-2012-4-page-42.htm

LEFEBVRE, Camille et SURUN, Isabelle, « Exploration et transferts de savoir : deux cartes produites par des Africains au début du XIXe siècle » https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00682112

LEFEBVRE, Camille, « Itinéraires de sable : Paroles, gestes et écrits au Soudan Central au XIXe siècle. » https://hal.archives-ouvertes.fr/halshs-00676325/

RENOULT, Yann, « L’éthnomathématique, un outil de lutte contre les épistémicides » https://pedaradicale.hypotheses.org/2375

Qui sommes-nous ?

https://www.antiatlas.net/
https://www.antiatlas-journal.net/
https://www.annaguillo.org/

 

[Appel à communication] Colloque international : Raconter et exposer les minorités : médiations muséales en France et en Amérique du Nord (20 & 21 avril 2022)

Raconter et exposer les minorités : médiations muséales en France et en Amérique du Nord

Telling and exhibiting minorities in France and North America: minorities and their museum mediations (English below)

 

Dates : Mercredi 20 avril 2022 et jeudi 21 avril 2022 (04/20/2022 & 04/21/2022 )

Lieu : musée du quai Branly – Jacques Chirac / Campus Condorcet. (Paris/Aubervilliers)

 

Ce colloque international est organisé par l’Institut d’Histoire du Temps Présent, UMR 8244 (CNRS-Université Paris 8) et le musée du quai Branly – Jacques Chirac, avec le soutien de l’Université Paris Lumières, ComUE UPL, du Musée National de l’Histoire de l’Immigration, de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage, du Center for Research on the English-speaking World (CREW) - EA 4399 de la Sorbonne Nouvelle, et du Labex les Passés dans le Présent - Université Paris Nanterre.

Nous proposons dans ce colloque de nous pencher sur les relations entre les minorités et les musées et sites patrimoniaux en Amérique du Nord et en France et d’abandonner le point de vue majoritaire, qui se décline en termes de domination et d’assignation, pour renverser le regard. En nous situant du point de vue de l’expérience minoritaire, nous pourrons envisager la minorité dans sa capacité à agir (Ndiaye, 2008 ; Chassain et al., 2016). Les minorités sont perçues et définies par le groupe majoritaire en tant que mineures selon deux principes qui ne s’excluent pas : celui du nombre, qui identifie différents traits religieux, ethniques ou culturels, et celui du statut, qui caractérise ce qui est tenu pour mineur, renvoyé à la mémoire des vaincus, à l’absence d’histoire. Dans la relation des minorités aux musées, il est possible de distinguer deux mouvements qui, bien qu’autonomes, interagissent. Le premier, sans doute le plus documenté, par lequel les musées ont essayé de « décoloniser » les récits sur l’expérience minoritaire (Chivallon, 2013). Le second par lequel les groupes minorisés ont promu l’émergence de contre-récits indépendants, sous des formes diverses, leurs actions précédant souvent la réévaluation critique des politiques muséales (Laithier et al., 2008). 

Depuis la fin des années 1960, les musées et leurs professionnels ont été interpellés et appelés à participer aux débats soulevés en relation au passé esclavagiste, colonial ou à la construction nationale, construction dont ils ont été partie prenante dès le XIXe (Conklin, 2013). Les traditions muséales, longtemps marquées par l’anthropologie raciale, ont été remises en cause. Les musées dits de société ont été au centre de ces controverses. Ainsi, à la suite de l’exposition consacrée aux arts autochtones en 1987 au Glenbow Museum de Calgary, le Canada s’est engagé dans une politique d’association des peuples premiers à la gestion des musées (Dubuc, 2002, p. 31‑58). Parfois c’est au sein de l’université que naissent les projets de musée, tel le Museo de Historia, Antropología y Arte de la Universidad de Puerto Rico, fondé en 1951, qui nous rappelle aussi incidemment que la problématique coloniale peut aussi concerner les États-Unis. En France, l’exposition « les Anneaux de la Mémoire », en 1992 à Nantes, a été un moment important du retour sur le passé esclavagiste (Hourcade, 2015). Ainsi depuis les années 1970 la médiatisation des histoires minoritaires a été largement repensée par les praticiens des musées, en collaboration avec les historiennes et les historiens (Weiser, 2018). À ce titre il faut signaler l’impact qu’a eu le musée du quai Branly, ouvert en 2006, en raison de son rapide succès (König et al. 2018). Les musées européens travaillent désormais en réseau et les réflexions portées par le réseau RIME, Réseau International des Musées Ethnographiques ont joué sur ces questions un rôle pionnier entre 2007 et 2010. Aux États-Unis, les mobilisations africaines-américaines ont donné naissance dans les années 1960 à des musées sur l’histoire et la culture africaines-américaines, tel le Du Sable Museum à Chicago (Feldman, DuSable Museum of African American History, 1981 ; Burns, 2013). Par ailleurs depuis les années 1970 se sont multipliés différents dispositifs patrimoniaux qui « muséifient » des sites historiques : champs de bataille des guerres indiennes, camps de concentration, cimetières africains-américains (Forsyth, 2003 ; Jeanmougin, Mencherini, 2013 ; Blee, 2018 ; Faucquez, 2018 ; Spencer, 2020). La vocation de ces dispositifs mémoriaux in-situ, souvent sans collection, oscille parfois entre commémoration et conservation. Il faut rappeler que la démarche muséale demeure « critique et scientifique, [à l’inverse du] mémorial qui fait appel, exclusivement, à l’émotion et à l’adhésion, au recueillement » – l’association des deux démarches pouvant être problématique (Gob, Drouguet, 2014, p. 66). Ces sites patrimoniaux soulèvent la question des sources et de leur rareté : qu’exposer lorsqu’il n’y a pas de collection, et que montrer lorsqu’il n’y a pas d’images ? Le fait minoritaire implique souvent la rareté des sources et la longue absence d’une collecte qui témoigne du manque d’intérêt pour ces patrimoines minoritaires. D’autre part ces sources deviennent parfois le support d’un discours militant. Ces débats sont plus que jamais actuels : le congrès du Comité International pour la Muséologie (ICOFOM) en 2021 s’intitulait ainsi « Décoloniser la muséologie : Musées, métissages et mythes d’origine ». 

La dimension comparatiste est essentielle tant les contextes nationaux sont différents aussi bien du point de vue de la place des minorités que de celle des traditions muséales. Dans les pays considérés, l’assignation minoritaire s’appuie sur des différences essentialisées, culturelles, religieuses, linguistiques, ou raciales, qu’une approche historique permet de relier aux passés esclavagistes, coloniaux ou issus des migrations (Teulières, 2005 ; Araujo, Seiderer, 2007 ; Vergès, 2008 ; Chivallon, 2012). Les situations nationales sont différentes d’abord du fait de l’histoire : Le Canada et les États-Unis sont les produits de colonisations européennes, qui ont assujetti les Amérindiens et déporté les Africains en esclavage, deux phénomènes étroitement liés –l’esclavage a été l’une des modalités du colonialisme. La France a été une puissance colonisatrice et esclavagiste, mais ses plantations se trouvaient en Amérique ou dans l’Océan indien, sur les « îles à sucre ». Ceci produit des situations différentes, selon que certaines minorités vivent au sein de la majorité, tels les Africains-Américains, les Latinos, ou les Juifs aux Etats-Unis, alors que d’autres comme les Antillais sont évidemment majoritaires en Guadeloupe et en Martinique (Gosson, 2012 ; Larcher, 2014). Si l’Amérique du Nord comme la France ont connu des phénomènes d’immigration similaires, celle-ci se fait dans un contexte différent. En France l’universalisme républicain a longtemps invisibilisé les minorités liées au passé colonial, esclavagiste, et aux phénomènes migratoires et proposé « une histoire nationale qui par principe ignore les minorités » (Laithier et al., 2008, p. 261 ; Ledoux, 2021). Celles-ci sont qualifiées de « visibles » lorsqu’elles revendiquent l’égalité de traitement (Scioldo-Zürcher, 2016 ; Aje, Gachon, 2018). Aux Etats-Unis, le peuplement par des immigrants de toutes origines et par les esclaves, a abouti à la perception d’une société multiculturelle au tournant des années 1960 (Takaki, 1993 ; Schor, 2009 ; Richomme, 2013). Au Canada les « minorités visibles » sont une catégorie juridique liée au recensement, alors que les populations dites « autochtones » sont, elles, classées à part (Ministère de la justice, 1995). 

Par ailleurs, il est nécessaire de mettre en regard deux traditions muséales pour partie distinctes. En Amérique du Nord, les musées, le plus souvent fondés par des initiatives privées, donnent la part belle à l’histoire : ainsi les musées de société représentent près de 60% du réseau canadien (Gob, Drouguet, 2014, p. 13). En France, comme dans presque toute l’Europe, les musées ont le plus souvent été fondés par les autorités, et s’appuient sur l’héritage des pratiques de collection. L’histoire des différents peuples y a longtemps pris la forme d’un regard ethnographique qui décrivait les « Arts et Traditions Populaires », du nom du musée fondé en 1937 par George Henri Rivière, ou bien mettait en valeur les cultures locales comme le Museon Arlaten, pionnier en la matière en 1903. Quant aux peuples considérés comme « primitifs », l’intérêt que leur portaient les Européens s’inscrivait dans la quête de l’exotisme, dans la lignée du romantisme. Le contexte colonial explique que les narrations historiques proposées par les musées et les sites patrimoniaux aient longtemps ignoré les récits minoritaires, alors que dès le XIXe siècle, ils étaient partie prenante des processus d’édification nationale qui empruntaient notamment le chemin de la création d’une « communauté imaginaire » (Anderson, 2006 ; Hobsbawm, Ranger, 2012). L’historien Dipesh Chakrabarty a mis en lumière, par sa critique de l’historicisme moderne, la manière dont certains passés ont été considérés comme mineurs, alors que les « adultes » européens prétendaient prendre en charge les colonisés jusqu’à leur « majorité » (Chakrabarty, 2000).

Lors de ce colloque, nous proposons de croiser les regards entre chercheurs en sciences humaines et professionnels des musées, afin de revenir sur la manière dont les histoires des minorités ont trouvé leur place dans les musées aux États-Unis, en France et au Canada, et sur les évolutions de ces mises en récit. Comment ces groupes ont-ils cherché à ce que leur histoire soit racontée au sein des institutions muséales ? Ont-ils revendiqué des moyens propres, une prise en compte par les autorités culturelles, ou se sont-ils donnés eux-mêmes les moyens de raconter et d’exposer leur histoire dans des lieux séparés, dans lesquels ils avaient le contrôle des récits et des pièces mobilisés au service de ceux-ci ? Les récits qui préexistaient ont-ils été contestés ? Les sources et les archives mobilisées au service de cette médiation muséale doivent être aussi interrogées. 

 

Dans cette perspective comparatiste, les axes suivants pourront faire l’objet de communications :

Nous proposons de réfléchir aux actions menées par les groupes minoritaires lorsqu’ils ont pour objectif d’influencer les politiques muséales, qu’ils interpellent les politiques publiques ou initient des projets de nouveaux musées. Quelles sont les revendications minoritaires, quelles formes prennent-elles, et comment évoluent-elles ? Il est souvent dit que les minorités sont plus enclines à réclamer la conservation de leur mémoire que la médiation de leur histoire, à favoriser la commémoration plutôt que la démarche critique (Teulières, 2005 ; Blanchard, Veyrat-Masson, 2008). Cette affirmation est probablement à discuter. Ces revendications, parfois considérées comme des excès de mémoire, au service de devoirs de mémoire, mettent-elles en péril l’écriture de l’histoire ? (Benbassa, 2008, p. 8) Quels sont les effets et les débats soulevés par les pièces et objets exposés ? (Faucquez, 2018). Ainsi l’appropriation des objets par la culture majoritaire pose problème et comme le note Élise Dubuc, « rien ne [peut] être changé au fait que ces objets sont collectionnés par une autre culture et interprétés selon des valeurs étrangères aussi politiquement correctes soient-elles » (Dubuc, 2004, p. 51). Les enjeux d’une nouvelle éthique ont été amplement mis en lumière récemment en France avec le rapport Sarr/Savoye, cependant ils ne se limitent pas à la question des restitutions d’œuvre d’art dans un « retour du même » : « ces objets, devenus des diasporas, sont les médiateurs d’une relation qui reste à réinventer » (Sarr, Savoy, 2019, p. 33).

Nous souhaitons par ailleurs interroger la place qu’occupe l’histoire des minorités dans les musées et son évolution. Cela signifie prendre en compte la manière dont les demandes sociales évoluent, de la fascination pour l’exotisme qu’ont manifesté les expositions coloniales jusqu’aux revendications minoritaires (De L’Estoile, 2007). Mais aussi s’intéresser à la manière dont les politiques muséales et publiques, et les recherches en sciences humaines et sociales dialoguent et s’articulent (Bergeron et al., 2015). Comment les muséographes, conservatrices et conservateurs d’une part, les chercheur.es et militant.es de minorités d’autre part participent-ils conjointement à la mise en forme des représentations des minorités dans les institutions muséales. Quel patrimoine est rendu visible, matériel, immatériel ? De qui parle-t-on dans quel cadre et quelle institution, dédiée à une minorité ou non spécifique ? Enfin comment les institutions patrimoniales répondent-elles aux injonctions du devoir de mémoire ?

Il est possible d’analyser les politiques muséales dans leurs différentes fonctions d’exposition, de conservation, d’animation et de recherche scientifique. Quels sont les discours développés, tant du point de vue du contenu que des formes ? Différents types de récit sont mis en œuvre : une forme polyphonique met en valeur une histoire multiculturelle tandis que d’autres récits sont plus linéaires. Deux approches sont parfois distinguées, une « muséologie de l’objet » opposée à une « muséologie de l’idée » (Davallon, 1992, p. 99‑123). De même, les expositions consacrées à ces thèmes semblent donner la préférence à une approche dite « situationnelle » au travers d’expositions qui présentent des situations facilement lisibles par les visiteurs, au travers de dioramas, de reconstitutions (Gob, Drouguet, 2014, p. 128, 129). Les musées nord-américains d’histoire et de société, regroupés aux États-Unis dans l’American Association for State and Local History (AASLH) ont une longue expérience du développement d’expériences immersives tout comme les musées canadiens avec par exemple en 1998 l’exposition novatrice « Nous, les premières nations » du Musée de la Civilisation du Québec en collaboration avec les 11 nations autochtones du Canada. En France les fonctions de conservation ont longtemps occupé une place plus importante. 

 

Propositions

Nous encourageons les chercheur.se.s de différents champs disciplinaires rattachés aux sciences humaines et sociales (histoire, histoire de l’art, civilisation, sociologie) à soumettre des propositions pour des communications en français ou en anglais.

Merci d’adresser votre proposition (environ 500 mots), en anglais ou en français, ainsi qu’une brève biographie, pour le 30 novembre 2021 à cette adresse : raconterlesminorites@gmail.com  

Nom, prénom, institution de rattachement, adresse mail, et une liste de mots clés. Vous présenterez la problématique en rapport avec le titre annoncé, l’ancrage scientifique et conceptuel dans lequel vous vous situez et la méthodologie adoptée. Vous proposerez, après le résumé.

 

Calendrier

Date de soumission : 30 novembre 2021

Notification de sélection : 20 décembre 2021

Date du colloque : Mercredi 20 avril 2022 et jeudi 21 avril 2022

Lieu : musée du quai Branly – Jacques Chirac / Campus Condorcet.

 

Comité organisateur : Olivier Maheo (IHTP, UPL), Pauline Peretz (IHTP), Sarah Frioux-Salgas (musée du quai Branly – Jacques Chirac).

Coordination : Anna Gianotti Laban (musée du quai Branly – Jacques Chirac)

 

Comité scientifique 

Yves Bergeron, Professeur de muséologie à l’UQAM, Université du Québec à Montréal

Alice Conklin, Professeure d’histoire, Ohio State University

Benoît De L’Estoile, Directeur de recherche au centre Maurice Halbwachs, CNRS

Anne-Claire Fauquez, Maîtresse de conférences de Civilisation américaine, Paris 8

Ary Gordien, Chargé de recherches au LARCA, UMR 8225, CNRS/Université de Paris

Renée Gosson, Professeure de Français et d’Études Francophones, Bucknell University

Thomas Grillot, Chargé de recherches, IHTP, UMR 8244

Renaud Hourcade, Chargé de recherche, Arènes, UMR 6051

Hélène Le Dantec-Lowry, Professeure émérite de Civilisation américaine, Sorbonne Nouvelle

Pap Ndiaye,  directeur général de l'Etablissement public du Palais de la Porte Dorée. 

Fabien Van Geert, Maître de conférences en Médiation culturelle, Sorbonne Nouvelle,

Naïma Yahi, chercheure associée à l’URMIS, université de Nice Sophia-Antipolis.

 

Telling and exhibiting minorities in France and North America: minorities and their museum mediations

 

In this symposium, we propose to examine the relationship between minorities and museums and sites of memory in North America and France and to abandon the majority viewpoint, expressed in terms of domination and assignment, to reframe the perspective. Situating ourselves from the point of view of the minority experience, we will be able to consider the minority’s agency (Ndiaye, 2008; Chassain et al., 2016). Minorities are perceived and defined by the majority group as minor, according to two principles that are not mutually exclusive: numerical, which distinguishes different religious, ethnic or cultural traits, and status, which characterizes what is held to be minor, referred to the memory of the vanquished, the absence of history. In the relationship of minorities to museums, it is possible to identify two movements that, although autonomous, interact. The first, perhaps the most documented, is the one by which museums have attempted to "decolonize" narratives about the minority experience (Chivallon, 2013). In the second movement, minority groups have promoted the emergence of independent counter-narratives, in various forms, their actions often preceding the critical re-evaluation of museum policies (Laithier et al., 2008).

Since the late 1960s, museums and museum specialists have been challenged and called upon to participate in the debates raised in relation to the slaveholding past, colonial past, or nation-building phenomenon, in which they have taken since the nineteenth century (Conklin, 2013). The museology traditions, long marked by racial anthropology, have been challenged. So-called social museums have been at the center of these controversies. Thus, following the exhibition devoted to Aboriginal arts in 1987 at the Glenbow Museum in Calgary, Canada embarked on a policy of involving First Peoples in the management of museums (Dubuc, 2002, p. 31-58). Museum projects were sometimes born within academia, such as the Museo de Historia, Antropología y Arte de la Universidad de Puerto Rico, founded in 1951 ―which incidentally reminds us that the United States is also concerned by the colonial question. In France, the exhibition "Les Anneaux de la Mémoire", in 1992 in Nantes, was an important moment in the return to the slave past (Hourcade, 2015). Thus, since the 1970s, the mediatization of minority histories has been largely rethought by museum practitioners, in collaboration with historians (Weiser, 2018). In this respect, it is worth noting the impact that the quai branly Museum, opened in 2006, has had, due to its rapid success (König et al. 2018). European museums now work in networks and the reflections carried by the International Network of Ethnographic Museums, INEM, played a pioneering role on these issues between 2007 and 2010. In the United States, African American mobilizations gave rise in the 1960s to museums on African American history and culture, such as the Du Sable Museum in Chicago (Feldman, DuSable Museum of African American History, 1981; Burns, 2013). In addition, since the 1970s, there has been a proliferation of different heritage devices that "museumize" historical sites: Indian War battlefields, concentration camps, African American cemeteries (Forsyth, 2003; Jeanmougin, Mencherini, 2013; Blee, 2018; Faucquez, 2018; Spencer, 2020). The vocation of these in-situ memorial devices, often without a collection, sometimes oscillates between commemoration and conservation. It should be remembered that the museum approach remains "critical and scientific, [unlike the] memorial one, which appeals, exclusively, to emotion and adherence, to recollection" ―the association of the two approaches can be problematic (Gob, Drouguet, 2014, p. 66). These heritage sites raise the question of sources and that of their rarity: what could be exhibited when there is no collection, what to show when there are no images? The minority fact often implies the scarcity of sources and the long absence of collecting practices that testifies to the lack of interest in these minority heritages. On the other hand, these sources sometimes become the support of a militant discourse. These debates are more topical than ever: the 2021 congress of the International Committee for Museology (ICOFOM) was entitled "Decolonizing Museology: Museums, Miscegenation and Myths of Origin".

The comparative dimension is essential as the national contexts are so different from the point of view of the minorities’ situations as well as that of museum traditions. In the three countries considered, the minority assignment is based on essentialized cultural, religious, linguistic, or racial differences, which a historical approach makes it possible to link to the slavery, colonial, or migratory past (Teulières, 2005; Araujo, Seiderer, 2007; Vergès, 2008; Chivallon, 2012). National situations are different first of all because of history: Canada and the United States are the results of European colonizations, which subjugated the Amerindians and deported Africans into slavery, two closely related phenomena ―slavery was one of the modalities of colonialism. France was a colonizing and enslaving power, but its plantations were located in America or in the Indian Ocean, in the sugar islands. This gives rise to different situations, depending on whether certain minorities live within the majority, such as African-Americans, Latinos, or Jews in the United States, while others such as West Indians are obviously the majority in Guadeloupe and Martinique (Gosson, 2012; Larcher, 2014). While both North America and France have experienced similar immigration phenomena, this immigration takes place in a different context. In France, republican universalism has long invisibilized minorities linked to the colonial, slave-owning past and migrations, and has proposed "a national history which, in principle, ignores minorities" » (Laithier et al., 2008, p. 261 ; Ledoux, 2021). French minorities are named "visible" when they claim equal treatment (Scioldo-Zürcher, 2016; Aje, Gachon, 2018). In the United States, settlement by immigrants of all origins and through slaves' deportation, led to the perception of a multicultural society at the turn of the 1960s (Takaki, 1993; Schor, 2009; Richomme, 2013). In Canada, "visible minorities" designates a legal category linked to the census, while so-called "Aboriginal populations", that is First Nations, are listed separately (Department of Justice, 1995).

Moreover, it is necessary to compare two partly distinct museum traditions. In North America, museums, most often founded by private initiatives, give pride of place to history: thus, social museums represent nearly 60% of the Canadian network (Gob, Drouguet, 2014, p. 13). In France, as in most of Europe, museums were most often founded by the authorities, and rely on the legacy of collecting practices. The history of different peoples has long taken the form of an ethnographic view that describes the "Arts et Traditions Populaires" tradition, named after the museum founded in 1937 by George Henri Rivière, or highlights local cultures, as it is the case with the Museon Arlaten, a pioneer in this field in 1903. As for the peoples considered "primitive", the interest that Europeans showed in them was part of the quest for exoticism, in line with romanticism. The colonial context explains why the historical narratives offered by museums and heritage sites have long ignored minority narratives, even though from the nineteenth century onwards, they were part of the processes of national construction, which included the creation of an "imaginary community" (Anderson, 2006; Hobsbawm, Ranger, 2012). Historian Dipesh Chakrabarty has highlighted, through his critique of modern historicism, how certain pasts were considered minor, while European "adults of age" claimed to take care of the colonized until they "came of age" (Chakrabarty, 2000).

During this conference, we propose to bring together the perspectives of social science researchers and museum professionals to examine how minority history has found its place in museums in the United States, France and Canada, and the evolution of these narratives. How have these groups sought to have their own stories told within museum institutions? Did they demand their own ressources, consideration by cultural authorities, or resources or have they given themselves the resources to tell and exhibit their stories in separate venues, in which they had control over the narratives and the pieces mobilized in service of them? Were the pre-existing narratives challenged? The sources and archives mobilized in the service of this museum mediation must also be interrogated. 

 

In this comparative perspective, the following axes could be the subject of communications:

We propose to reflect on the actions of minority groups whenever they aim to influence museum policies, to question public policies, or even to initiate new museum projects. What are the minority claims, what forms do they take, how do they evolve? It is often said that minorities are more inclined to demand the preservation of their memory than the mediation of their history, to favor commemoration rather than a critical approach (Teulières, 2005; Blanchard, Veyrat-Masson, 2008). This statement is probably open to discussion. Do these claims, which are sometimes seen as an excess of memory, jeopardize the writing of history? What are the effects and debates raised by the exhibits? (Faucquez, 2018). Thus, the appropriation of objects by the majority culture is problematic and as Élise Dubuc notes, "nothing [can] be changed about the fact that these objects are collected by another culture and interpreted according to foreign values, no matter how politically correct" (Dubuc, 2004, p. 51). The stakes of a new ethic in museology have been amply highlighted recently in France with the Sarr/Savoye report, however they are not limited to the question of restitutions of works of art in a "return of the same": "these objects, which have become diasporas, are the mediators of a relationship which remains to be reinvented" (Sarr, Savoy, 2019, p. 33).

Furthermore, we wish to interrogate the place taken by the minorities’ history in museums and its evolution. This means taking into account how social demands evolve, from the fascination with exoticism that colonial exhibitions manifested, to minority demands (De L'Estoile, 2007). But it also means paying attention to the way in which social demands, museum and public policies, and humanities and social science research interact and articulate (Bergeron et al., 2015). How do museographers and curators, on the one hand, and minority researchers and activists on the other, participate together in the shaping of minorities’ representations in museum institutions? Which heritage is made visible, a material or immaterial one? Whom are we talking about, in which contexts, and in which institutions, dedicated specifically to a minority or not? Finally, how do heritage institutions respond to the injunctions of the duty of remembrance?

It is possible to analyze museums’ policies in their different functions of exhibition, conservation, animation and scientific research. What are the discourses developed, both in terms of content and form? Different types of narratives are used: a polyphonic form highlights a multicultural history, while other narratives are more linear. Two approaches are sometimes distinguished, a "museology of the object" opposed to a "museology of the idea" (Davallon, 1992, p. 99-123). Similarly, exhibitions devoted to these themes seem to give preference to a so-called "situational" approach through exhibitions that present situations that are easily readable by visitors, through dioramas, reenactments (Gob, Drouguet, 2014, p. 128, 129). North American history and social museums, grouped in the United States in the American Association for State and Local History (AASLH) have a long experience in developing immersive experiences as do Canadian museums with, for example, the innovative exhibition "Nous, les premières nations" (We, the First Nations) at the Musée de la Civilisation du Québec in 1998 in collaboration with the 11 Aboriginal nations of Canada. In France, curatorial functions have long held a more important place.

 

Proposals

 We encourage researchers from all fields of the humanities and social sciences (history, art history, American studies, sociology, anthropology) to submit proposals for papers in English or French.

Please send your proposal (500 words), in English or in French, as well as a brief CV, before the 30th of Novembre 2021 to this address: raconterlesminorites@gmail.com 

Name, first name, institution of affiliation, e-mail address, and a list of key words. You will present the problematic in relation to the announced title, the scientific and conceptual background in which you are situated and the methodology adopted. 

 

Calendar

Date of submission: 11/30/2021

Notification of selection: 12/20/2021

Symposium : 04/20/2022 & 04/21/2022

 Adresses : musée du quai Branly – Jacques Chirac / Campus Condorcet.

 

Organizing Committee: Olivier Maheo (IHTP, UPL), Pauline Peretz (IHTP), Sarah Frioux-Salgas (musée du quai Branly – Jacques Chirac).

Coordination : Anna Gianotti Laban (musée du quai Branly – Jacques Chirac)

 

Scientific Committee

Yves Bergeron, Professor of museology, at UQAM, Université du Québec à Montréal.

Alice Conklin, Professor of History, Ohio State University.

Benoît De L’Estoile, Senior Research Professor at Centre Maurice Halbwachs, CNRS, Professor of anthropology, ENS.

Anne-Claire Fauquez, Associate Professor of American History, Université Paris 8.

Ary Gordien, Researcher at CNRS, UMR 8225, CNRS/Université de Paris.

Renée Gosson, Associate Professor of French and Francophone Studies, Bucknell University.

Thomas Grillot, Researcher at IHTP, UMR 8244.

Renaud  Hourcade, Researcher at Arènes, UMR 6051.

Hélène Le Dantec-Lowry, Professor emeritus of American History, Sorbonne Nouvelle.

Pap Ndiaye,  Head of the Etablissement public du Palais de la Porte Dorée. 

Fabien Van Geert, Associate Professor of Cultural mediation, Sorbonne Nouvelle.

Naïma Yahi, Researcher à l’URMIS, Université de Nice Sophia-Antipolis.

 

Références/references

 

AJE L. et GACHON N. (éd.), 2018, La mémoire de l’esclavage : traces mémorielles de l’esclavage et des traites dans l’espace atlantique, Paris, L’Harmattan.

ANDERSON B.R.O., 2006, L’imaginaire national: Réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme, Paris, Editions La Découverte, 212 p.

ARAUJO A.L. et SEIDERER A., 2007, « Passé colonial et modalités de mise en mémoire de l’esclavage », Conserveries mémorielles. Revue transdisciplinaire, #3, .

BENBASSA, 2008, « Préface », dans L’histoire des minorités est-elle une histoire marginale?, Paris, PUPS, Presses de l’Université Paris-Sorbonne.

BLANCHARD P. et VEYRAT-MASSON I., 2008, Les guerres de mémoires: la France et son histoire : enjeux politiques, controverses historiques, stratégies médiatiques, Paris, Découverte.

BLEE L., 2018, « Struggles Over Memory: Indigenous People and Commemorative Culture », rah Reviews in American History, 46, 4, p. 597‑604.

BURNS A.A., 2013, From Storefront to Monument: Tracing the Public History of the Black Museum Movement, Amherst, University of Massachusetts Press.

CHAKRABARTY D., 2000, Provincializing Europe: postcolonial thought and historical difference, Princeton; Oxford, Princeton university press.

CHASSAIN A. et al., 2016, « Approches expérientielles du fait minoritaire », Tracés. Revue de Sciences humaines, 30, p. 7‑26.

CHIVALLON C., 2012, L’esclavage, du souvenir à la mémoire, Karthala.

CHIVALLON C., 2013, « Les questions posées par le discours muséographique confronté à l’expérience esclavagiste », Africultures, n° 91, 1, p. 60‑69.

CONKLIN A.L., 2013, In the museum of man race, anthropology, and empire in France, 1850-1950, Ithaca; London, Cornell University Press.

DAVALLON J., 1992, « Le musée est-il vraiment un média ? », pumus Publics et Musées, 2, 1, p. 99‑123.

DE L’ESTOILE B., 2007, Le Goût des autres: de l’exposition coloniale aux arts premiers, Paris, Flammarion.

DUBUC E., 2002, « Entre l’art et l’autre, l’émergence du sujet », dans DIAS N., BAHUCHET S., WASTIAU B., MULLER J.-C., Musée cannibale, Neuchâtel, Musée d’ethnographie.

DUBUC E., 2004, « Musées et premières nations », Anthropologie et sociétés, 28, 2, .

FAUCQUEZ A.-C., 2018, « Commémorer l’esclavage par l’art : le cas de l’African Burial Ground Memorial à New York », dans La mémoire de l’esclavage: traces mémorielles de l’esclavage et des traites dans l’espace atlantique, Paris, L’Harmattan.

FELDMAN E.P.R. et DUSABLE MUSEUM OF AFRICAN AMERICAN HISTORY, 1981, The birth and the building of the DuSable Museum, Chicago, DuSable Museum Press.

FORSYTH S., 2003, Representing the massacre of American Indians at Wounded Knee, 1890-2000, Lewiston, N.Y., E. Mellen Press.

GOB A. et DROUGUET N., 2014, La Muséologie: histoire, développements, enjeux actuels, Paris, Armand Colin.

GOSSON R., 2012, « Histoire coloniale, mémoire culturelle : Politique de la commémoration en Martinique », dans GBANOU S.K. et DAHOUDA K. (éd.), Enjeux identitaires dans l’imaginaire francophone, Trier, Wissenschaftlicher Verlag Trier, p. 111‑125.

HOBSBAWM E.J. et RANGER T.O., 2012, L’invention de la tradition, Editions Amsterdam/Multitudes, 381 p.

HOURCADE R., 2015, « Militer pour la mémoire », Politix, n° 110, 2, p. 63‑83.

JEANMOUGIN Y. et MENCHERINI R., 2013, Mémoire du camp des Milles, 1939-1942.

LAITHIER S. et al. (éd.), 2008, L’histoire des minorités est-elle une histoire marginale?, Paris, PUPS, Presses de l’Université Paris-Sorbonne.

LARCHER S., 2014, L’autre citoyen : La République et les colonies post-esclavagistes, Paris, Armand Colin.

LEDOUX S., 2021, La nation en récit: des années 1970 à nos jours.

MINISTERE DE LA JUSTICE, « Loi sur l’équité en matière d’emploi ».

NDIAYE P., 2008, La condition noire: essai sur une minorité française, Paris, Calmann-Lévy.

RICHOMME O., 2013, De la diversité en Amérique: politiques de représentation des minorités ethno-raciales aux États-Unis.

SARR F. et SAVOY B., 2019, Restituer le patrimoine africain.

SCHOR P., 2009, Compter et classer: Histoire des recensements américains, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 420 p.

SCIOLDO-ZÜRCHER Y., 2016, « Les migrations au musée ! Sciences sociales et muséographie sont-elles complémentaires ? », Revue européenne des migrations internationales, 32, vol. 32-n°3 et 4, p. 163‑183.

SPENCER A., 2020, « Interpretation and Memorialization at the Sand Creek Massacre National Historic Site ».

TAKAKI R.T., 1993, A different mirror: a history of multicultural America, Boston, Little Brown and Co, ix+508; 16 p.

TEULIERES L., 2005, Migrations en mémoire, Toulouse, Presses universitaires du Mirail.

VERGES F., 2008, « Traite des noirs, esclavage colonial et abolitions : comment rassembler les mémoires », Hermes, La Revue, n° 52, 3, p. 51‑58.

WEISER M.E., 2018, Museum Rhetoric: building civic identity in national spaces., University Park, Pa., Pennsylvania State University Press.

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[Recrutement] Stage - Projet TAPLA

Nature du stage : stage de 1 mois ou 1,5 mois à plein temps ou 2 mois à mi-temps (début mi-octobre, avec possibilité de travail à temps partiel)

Catégorie : Master ou doctorant

Date de prise de fonction prévisionnelle : 15/10/2021

Modalités du contrat : stage gratifié au tarif horaire réglementaire en vigueur pour 2021, soit 3,90€ nets/heure, pris en charge par le Labex Les passés dans le présent, université Paris-Nanterre

Lieux du stage : Archives nationales (site de Pierrefitte-sur-Seine)

 

Contexte

 

Le projet de recherche-action dénommé TAPLA (« Terrains d’aventure du passé/pour l’avenir ») https://tapla.hypotheses.org/, soutenu par le labex Les passés dans le présent, est porté par les Archives nationales et l’Université de Paris-Nanterre/Lesc, en collaboration avec le Lavue, l’Université Paris-13/Experice, l’Université Beckett de Leeds (Royaume-Uni) et l’Adajep (Association des déposants aux archives de la jeunesse et de l'éducation populaire). Il a pour objectif de recueillir des archives et des témoignages sur la forme pédagogique de plein air spécifique aux terrains d’aventure, et d’en penser les prolongements possibles au XXIe siècle. Il vise à comprendre l’héritage laissé par ces dispositifs apparus durant la Seconde Guerre mondiale au Danemark et progressivement étendus à différents pays d’Europe, dont la France, et à vérifier dans quelles mesures ces expérimentations peuvent constituer des solutions innovantes pour interroger la manière de fabriquer les espaces urbains pour les enfants, mais surtout par les enfants et l’ensemble de leurs usagers. 

Ce travail permettra d’ouvrir un champ de recherche croisant, dans le domaine des sciences humaines et sociales (ethnologie, histoire, géographie, sociologie urbaine, sciences de l’éducation, philosophie), mais aussi de l’architecture, la production d’espaces de jeux urbains et paysagés et l’implication des usagers concernés par ce projet dans un geste d’empowerment et d'émancipation individuelle et collective. Il s’agit ainsi de cerner au mieux, à travers une approche transdisciplinaire, le patrimoine méconnu des terrains d’aventure pour en faire ressortir leurs legs et l’impact qu’ils ont eu sur celles et ceux qui les ont pratiqués (tant enfants qu’adultes) et les pratiquent encore comme leurs potentialités dans l’aménagement des espaces urbains futurs.

 

Nature des missions

 

Le travail proposé dans le cadre du présent stage consiste à :

- aider à préparer le colloque international, qui se tiendra à Paris, du 8 au 10 décembre 2021 (relations avec les participants, gestion du budget, plan de communication…) ;

- participer à la réalisation de fiches chrono-thématiques pour les entretiens patrimoniaux déjà réalisés auprès d’anciens animateurs responsables de terrains d’aventure ;

- participer à la vie du projet (réunions régulières avec les différents partenaires).  

 

Profil

 

• Master ou doctorant : histoire, sciences sociales, archivistique, documentation, communication...

• Expérience ou initiation souhaitées dans le domaine des normes de description archivistique ou documentaire

• Solide culture générale

• Autres compétences : Bonne capacité rédactionnelle, aptitude au travail en équipe, autonomie, réactivité, disponibilité, rigueur, excellente organisation, bonnes relations avec le public et les partenaires

 

Envoi des candidatures par courriel à : clothilde.roullier@culture.gouv.fr

Envoyer un CV, une lettre de motivation et un extrait de travail personnel (article publié, travail de recherche universitaire… 3 pages maximum). 

Réception des candidatures : jusqu’au 30 septembre 2021

[Appel à candidatures] Contrats doctoraux 2021

L'Université Paris Lumières et le labex Les passés dans le présent ont le plaisir d'annoncer l'ouverture d'un appel à candidatures pour 4 contrats doctoraux, répartis de la façon suivante : 
 

- Un contrat ouvert dans le cadre de l’ED Pratiques et théories du sens de l'Université Paris 8.

- Un contrat ouvert dans le cadre de l’ED 138 Lettres, langues, spectacles ou de l’ED141 Droit et science politique de l’Université Paris Nanterre.

- Un contrat affecté au projet ModOAP (Modèles et outils d'apprentissage profond). 

- Un contrat affecté au projet PATRIMONIOCHROMIES (La place et le rôle des couleurs dans les processus de patrimonialisation au fil du temps). 

 

Le descriptif détaillé de chaque contrat ainsi que le formulaire de candidature sont joints en bas de cette page dans la rubrique Documents

 

CALENDRIER

- Publication de l’appel à candidatures : lundi 6 septembre 2021

- Date limite de dépôt des candidatures : 15 octobre 2021 à 12h (horaire Paris)

- Présélection des candidatures : entre le 20 et le 22 octobre 2021

- Annonce de la pré-sélection des candidat.e.s : 23 octobre 2021

- Auditions : entre le 8 et le 10 novembre 2021

- Pré-annonce des résultats : le 10 novembre 2021

- Confirmation des résultats : 17 novembre 2021

- Prise de poste : 1er décembre 2021

INFORMATIONS CONCERNANT LE CONTRAT DOCTORAL

- Durée : 3 ans

- Début du contrat : rentrée universitaire 2021-2022

- Rémunération : forfait brut mensuel : 1800€/mois (rémunération en vigueur au moment de la publication de l’annonce). Des missions complémentaires d’enseignement seront possibles, selon les règles en vigueur à l’Université où sera inscrit.e le.la doctorant.e.

CRITÈRES D’ÉLIGIBILITÉ

- Peuvent être candidat.e.s des étudiant.e.s non encore inscrit.e.s en thèse et qui ont soutenu leur mémoire de Master 2 à la date de dépôt des candidatures.

- Peuvent être candidat.e.s des étudiant.e.s ayant poursuivi leur cursus universitaire en France ou à l’étranger.

- Un dossier de candidature proposant une co-direction (entre 2 directeur.trice.s, entre 2 unités de recherche ou selon une approche plurii-disciplinaire) est autorisé.

- Les co-tutelles avec des universités françaises ou étrangères sont également autorisées.

CONTACTS

Pour toute demande de renseignements complémentaires au sujet de ces appels à candidatures, vous pouvez contacter Mme Ghislaine Glasson Deschaumes, cheffe de projet du Labex Les passés dans le présent, et Mme Bérénice Waty, chargée de mission Coordination Recherche et Études doctorales à la ComUE UPL.

Les messages sont à adresser à l’adresse suivante : pasp-allocations21@passes-present.eu 


agenda


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Labex Les passés dans le présent


    Le laboratoire d'excellence Les passés dans le présent (Labex PasP) est un programme de recherche interdisciplinaire en sciences humaines et sociales portant sur la présence du passé dans la société contemporaine. En associant des institutions culturelles de premier plan, il s’attache plus spécifiquement à comprendre les médiations de l’histoire à l’ère du numérique, les politiques de mémoire, ainsi que les appropriations sociales du passé en amont et en aval des politiques patrimoniales.

 

Axes de recherche 2020-2024:


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>> Expériences du temps

>> Technologies de la mémoire

>> Mémoire pour le futur ?

réalisations

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