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Vie du labex

Soutenance de Thèse de Mme Aroua Ladibi : « ‘‘Un destin commun’’. La conquête arabe dans le récit national en Algérie, au Maroc et en Tunisie depuis les indépendances »

Vendredi, Décembre 20, 2019

Soutenance de thèse de Mme Aroua Ladibi :

« ‘‘Un destin commun’’. La conquête arabe dans le récit national en Algérie, au Maroc et en Tunisie depuis les indépendances »

 

Cette thèse a été réalisée dans le cadre du labex Les passés dans le présent, sous la direction de Hervé Inglebert.

 

La soutenance aura lieu le vendredi 20 décembre 2019 à 14h, 29, rue d’Ulm, Salle Langevin (1er étage à gauche)

 

Le jury sera composé de :

Kmar Bendana, professeure d’histoire contemporaine, Université de la Manouba, Tunis

Karima Dirèche, directrice de recherche CNRS, Laboratoire TELEMMe, Aix-en-Provence

Mostafa Hassani Idrissi, professeur de didactique de l’histoire, Université Mohamed V, Rabat

Alain Messaoudi, maître de conférences en histoire contemporaine, Université de Nantes

Hervé Inglebert, professeur d’histoire romaine, Université Paris Nanterre

 

La soutenance est publique et sera suivie d’un pot auquel vous êtes chaleureusement convié.e.s.

 

Résumé de la thèse :

Cette thèse interroge le lien entre récit historique et construction nationale en Algérie, au Maroc et en Tunisie depuis les indépendances, en partant des discours politiques, des programmes d’enseignement et des manuels d’histoire. Elle se focalise sur le traitement scolaire de la conquête arabe (VIIe s.) afin d’étudier de quelle manière celle-ci s’intègre dans le récit national. Ce choix se fonde sur le fait que la conquête correspond à un passé commun aux trois pays sur le plan chronologique et spatial. Dès lors, les traitements observés révèlent des différences nationales qui sont susceptibles de révéler à leur tour des constructions différenciées de la nation. La comparaison de ces pays vise moins à confirmer une supposée ressemblance qu’à chercher les différences, afin de cerner non seulement ce que les manuels d’histoire disent de la conquête, mais aussi ce qu’elle-même dit du récit national. Malgré les proximités entre les trois pays, l’analyse montre que leurs manuels respectifs n’adoptent pas des récits nationaux similaires. Dans chaque État, ces récits composent avec différents aspects de la conquête (histoire politique et histoire religieuse, arabité et islam, territoire et langue) afin de définir une identité nationale. En Algérie, la conquête est mobilisée pour valoriser l’appartenance à une communauté arabo-musulmane qui déborde le cadre national. Au Maroc, elle est éludée du récit national à mesure que l’islamité de la monarchie chérifienne est mise en avant. En Tunisie, elle apparaît comme une étape parmi d’autres d’une longue épopée ; elle contribue à magnifier le territoire national. À travers ces différents statuts de la conquête arabe dans chacun des récits nationaux, se dessinent trois conceptions de l’État-nation.

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