Share
Genèse et histoire du musée documentaire (1900-1960)
29 Septembre 2017

9h-17h30 Bâtiment Max Weber, auditorium

Université Paris Nanterre


Au tournant du XXème siècle, le document écrit n’est plus la seule référence pour nombre d’entreprises, privées autant que publiques, qui tentent de capter les traces du présent pour une mémoire à venir. Dès son apparition, la photographie bouleverse le sens des collections de documentation historique, sociale ou folklorique qui se multiplient en Europe et en Amérique, en s’imposant en media indispensable à la compréhension de la modernité, autant que le son enregistré, puis le cinéma. Peu avant la Grande Guerre, deux initiatives emblématiques élargissent le concept de musée documentaire, bien au-delà des pratiques observées auprès des sociétés d’amateurs photographes ou des nouveaux musées d’histoire et d’ethnologie. Avec les Archives de la Planète, le banquier et philanthrope français Albert Kahn entreprend un inventaire photographique du monde, au moment même où le bibliographe belge Paul Otlet théorise la pratique documentaire par des traités qui marquent durablement les esprits.

La Grande Guerre modifie les perspectives. Elle transforme le rapport aux objets de la documentation et au temps de l’expérience historique, renforçant l’idée d’une histoire
« d’en bas », reflet de l’emprise du conflit sur la société tout entière. La révolution russe propage l’idée de la construction d’une mémoire documentaire de la « révolution mondiale » à venir (Musée de la révolution à Moscou). Après 1920, il s’agit aussi de servir la paix : de nombreuses entreprises documentaires sont animées, comme l’ensemble des institutions issues de la SDN, par cette préoccupation, où la fonction documentaire joue un rôle essentiel, impulsée par de nombreux savants soucieux d’organiser collectivement la diffusion des connaissances (Institut international de coopération intellectuelle). Le Mundaneum que développe Otlet à Bruxelles (1920-1034) et le Wirtschaftsmuseum d’Otto Neurath à Vienne prolongent les expériences de musées documentaires du siècle précédent en offrant, par exemple, des expériences de visualisation de la documentation sociale ou économique à des fins didactiques, tandis que des institutions nouvelles en Europe, comme la London School of economics, l’International Institute of social history d’Amsterdam ou la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine de Paris constituent des fonds en appui aux acteurs sociaux ou politiques. Les années trente voient aussi la concrétisation de réflexions muséographiques anciennes s’appuyant sur le concept de documentation (Paul Rivet au Musée de l’Homme issu du Musée d’ethnographie du Trocadéro, ou Georges Henri Rivière au Musée national des arts et traditions populaires).

Quels sont les liens tissés entre ces différents programmes documentaires ? Quelles sont les représentations communes qui sous-tendent ces entreprises ?
Le but de cette seconde journée d’étude est de mettre en lumière une culture commune de la mémoire documentaire des sociétés contemporaines en croisant les exemples sur une échelle internationale, en montrant les transferts de savoirs et de techniques documentaires et en retraçant l’évolution parallèle ou commune du statut toujours ambigu du « document ».

Matinée

9h - Accueil

9h15 - Introduction : Christian Joschke (Université Paris Nanterre) et Valérie Perlès (Musée Albert Kahn)

9h45  - Conférence inaugurale : From Museum to Library and back again: Photographs, dissemination and the ‘distributed archive’

Elizabeth Edwards (De Montfort University, Leicester)

1900 : Le musée documentaire : de l’intention à la réalisation

Modération : Valérie Tesnière (BDIC)

11h00 - Le projet documentaire d’Albert Kahn entre palpable et impalpable
Anne Sigaud (Musée Albert Kahn)

11h30 - Paul Otlet et le Mundaneum : de la fiche au musée, les avatars de la documentation
Bertrand Müller (CNRS)

12h - Le savoir en mouvement. Corps, machines et documents dans les musées sociaux autour de la Première Guerre mondiale
Claire-Lise Debluë (Université de Lausanne)

12h30 - Débats et conclusions de la matinée

13h00 - Pause déjeuner

Après-midi

Les musées documentaires, produits d’événements historiques : La Grande Guerre et la Révolution russe

Modération : François Brunet (Université Paris Diderot)

14h00 - La BDIC, une position ambigüe entre Bibliothèque - Musée de la guerre et Office de documentation internationale
Caroline Fieschi et Valérie Tesnière (BDIC)

14h30 - Documenter, exposer, commémorer la révolution : les musées de la révolution à Moscou et Petrograd/Leningrad
Emilia Koustova (Université de Strasbourg)

15h00 - Pause

Expériences de musées documentaires 1930-1960 : Autour de Paul Rivet de Georges-Henri Rivière

15h15 - La réorganisation du musée d’ethnographie du Trocadéro 1928-1937, les nouvelles méthodes de travail sur les collections
Carine Peltier (Musée du Quai Branly)

15h45 - La documentation folklorique aux origines du Musée national des Arts et traditions populaires ?
Pascal Riviale (Archives Nationales)

16h15 - Discussion

16h45 - Synthèse : François Brunet (Université Paris Diderot)

 

Comité d’organisation

Valérie Tesnière (BDIC) et Christian Joschke (HAR, Université Paris Nanterre)


Musée Leblanc. Exposition d’art de la guerre, septe mbre 1917. Section photographique de l’Armée. Coll. BDIC

Accès

Accès

Université Paris Nanterre
9h-17h30 Bâtiment Max Weber, auditorium _____